Après avoir exploré les dispositifs qui permettent de faire vivre la bientraitance au quotidien, je vous propose des dispositifs pour respecter et faire respecter la dignité humaine dans nos structures.
En effet, la bientraitance est devenue une référence incontournable dans les établissements sociaux et médico-sociaux.
Elle guide nos pratiques, nos attitudes et nos décisions.
Elle nous invite à être attentifs à la personne, à ses besoins et à son bien-être.
Pour autant, la bientraitance ne garantit pas à elle seule le respect de la dignité humaine.
Dans nos établissements, nous rencontrons parfois des situations où les professionnels agissent avec de bonnes intentions, tout en laissant peu de place au choix de la personne, à son expression ou à son pouvoir de décision.
Sans le vouloir, nous pouvons organiser ou décider à sa place.
Or, la dignité humaine nous invite à changer de regard.
Elle nous rappelle que chaque personne est avant tout un être humain unique, singulier, porteur d'une histoire, de droits, d'aspirations, de préférences et de capacités d'agir.
Respecter la dignité d'une personne, ce n'est pas seulement bien l'accompagner.
C'est aussi reconnaître sa liberté, écouter sa parole, prendre en compte ses choix et lui permettre d'exercer pleinement sa citoyenneté.
C'est dans cet esprit que nous allons découvrir cinq dispositifs concrets qui peuvent être mis en œuvre dans les ESSMS pour traduire le respect de la dignité humaine dans les actes de tous les jours.
L'un de ces outils vous est déjà familier : la Carte des préférences et des vigilances individuelles, que nous avons abordée précédemment dans le cadre de la démarche de bientraitance.
Nous verrons qu'elle constitue également un levier puissant de reconnaissance de la personne dans ce qu'elle est, au-delà de ses besoins ou de ses difficultés.
Les quatre autres dispositifs sont :
• Le Passeport dignité
• L'Entretien annuel sur les droits et la citoyenneté
• Le Référent autodétermination
• La Grille d'observation des atteintes à la dignité.
Pris ensemble, ces outils poursuivent une même ambition : faire en sorte que la dignité ne reste pas un principe affiché dans un projet d'établissement ou une charte, mais qu'elle devienne une réalité perceptible par les personnes accompagnées dans chaque moment de leur vie quotidienne.
Car au fond, la question que nous devrions tous nous poser n'est peut-être pas seulement : « Accompagnons-nous correctement cette personne ? » mais aussi : « Cette personne se sent-elle réellement reconnue, respectée et considérée comme une citoyenne à part entière ? »
C'est souvent dans la réponse à cette seconde question que se mesure le véritable respect de la dignité humaine.
Si ces outils vous parlent, pourriez-vous nous partager l'usage que vous en faites ou que vous pensez en faire ?
